L'interview de Hyena, autrice de 8 pages

Aujourd’hui, voici l’interview de Hyena, à l’occasion de la sortie de son deuxième roman : 8 Pages, le temps pour elle de vous présenter son roman et notre travail commun sur la correction, et la mise en page, de ce livre.

Hyena autrice de 8 Pages

Je suis Hyena. Cartomancienne depuis plus de 20 ans. J’ai créé plus d’une trentaine de tarots, d’oracles et d’ouvrages autour de la cartomancie. Touche-à-tout, passionnée de pop culture, de true crime, de lecture, de poésie…

Je me suis lancée dans l’écriture avec mon premier roman, Le Maestro du Silence. 8 Pages, c’est ma nouvelle aventure, et aussi un retour à mes premières amours : la musique.

Couverture du livre de Hyena, corrigé et mis en page par Fio Minora

La vie de Winter bascule le jour où elle découvre dans sa librairie un magazine capable de la projeter dans le passé.

Chaque page la ramène au même jour, dans une année différente.

Elle y retrouve Auren Delaunay, musicien fauché qui traîne sa guitare et ses rêves dans les bars de Manhattan.

Un magazine vintage, deux âmes et huit rencontres pour tout changer.

Et un secret que Winter ne peut pas révéler.

« C'est dur d'écrire une fin avec des personnages que tu as portés et aimés si longtemps. »

Hyena et l'écriture du roman

Comment t’es venue l’idée de ce roman ? Et quand ?

« En repensant aux vieux magazines de mode et de cinéma. À cette époque où on n’avait pas internet, les magazines étaient notre seule fenêtre vers le monde. Tu attendais le numéro du mois, tu le feuilletais en boucle, tu découpais les pages que tu aimais. Et puis il y avait aussi ces feuilletons de mon adolescence comme Demain à la une et toutes ces histoires de voyage temporel qui m’ont marquée.

Et puis, il y avait cette obsession plus ancienne : l’archétype du poète ou de l’artiste maudit. Rimbaud, Kurt Cobain, Jeff Buckley… Tous ces mecs qui brûlent vite, qui laissent tout sur scène, et qui partent trop tôt. Je voulais écrire sur ça. Pour comprendre pourquoi nous, on est attirées par cet archétype là.

Le truc qui a tout déclenché c’est quand j’ai compris que les deux idées allaient ensemble. Le voyage temporel par un magazine, c’était ma façon d’entrer dans la vie d’un musicien comme Auren sans tout dévoiler d’un coup. Tu y vas par fragments.

C’est un livre sur le fait de ne pas pouvoir (toujours) sauver les gens. Et sur l’amour qui essaie quand même. »

Quel a été ton plus grand challenge lors de l’écriture de ce roman ?

« Le double POV [point de vue], sans hésiter. Parce que Winter et Auren n’ont pas la même voix. Pas du tout même !

Winter est une femme contemporaine qui a peur d’exister, qui parle doucement, qui regarde les gens en couleurs. Auren est un musicien des années 2010 qui se brûle les ailes. Ils n’ont pas le même rythme, pas la même musicalité dans les phrases. C’était très important de bien les dissocier.

L’autre énorme challenge, c’était la timeline [chronologie]. Plusieurs années qui se croisent, il faut tout vérifier plusieurs fois, pour éviter les incohérences et anachronismes etc. C’était challengeant. »

T’es une conteuse d’histoires : est-ce qu’il y a un passage du livre, dont tu peux nous parler, qui a été particulièrement difficile pour toi à écrire ?

« Le premier, c’est une scène où Winter parle à sa sœur. Je ne peux pas en dire plus sans spoiler, mais c’était difficile parce que je voulais mettre les bons mots dessus. C’est le genre de passage où tu écris, tu réécris, et tu sais que tant que ce n’est pas exactement juste, tu ne peux pas avancer.

Le deuxième, c’est le dernier voyage de Winter… Parce que c’est un moment où on sait qu’on va bientôt devoir dire au revoir aux personnages et c’est dur d’écrire une fin avec des personnages que tu as portés et aimés si longtemps. »

Quel est ton personnage préféré dans 8 pages ?

« Je les aime tous, vraiment. Mais Auren évidemment. J’aime Auren parce qu’il refuse d’être réduit : il est génial, il est destructeur, il est tendre, il est égoïste, il est lucide, il est dans le déni… Et surtout, il ne s’excuse de rien.

Mention spéciale à Winter, évidemment. Et un outsider que je veux nommer : Noah, le petit frère d’Auren. J’aurais aimé le développer davantage dans 8 Pages, mais le format ne me le permettait pas. (Une autre fois, peut être) »

Kafka (chat) ou Blue (chien) ? S’il faut choisir…

« Tu me demandes de choisir entre mes deux enfants ! Bon, Blue. Mais que personne ne le répète à Kafka. Parce que Blue accompagne Auren depuis le début. On le voit vieillir sous nos yeux. Il est très touchant. »

Il y a un parfum pour 8 Pages et c’est l’odeur de Winter. Comment t’es venue l’idée ?

« En écrivant Winter, en fait. J’avais cette odeur de pomme verte qui me venait dans le nez à chaque fois que je décrivais une scène avec elle. C’était physique, presque. Je sentais son parfum.

À un moment, je me suis dit que ce serait dingue qu’on puisse vraiment le sentir, que les lecteurices puissent porter l’odeur de Winter en lisant le livre.

J’en ai parlé à Jérôme et Mathieu, de TSAEY. On a co-créé Appletini ensemble. »

« J'ai appris la valeur du regard extérieur. Parce que je reste persuadée que tu ne peux pas corriger ton propre texte. »

le travail éditorial sur la correction

Comment s’est passée la correction du roman ?

« Avec toi. Et c’est exactement pour ça que ça s’est si bien passé.

Tu as un véritable œil de lynx ! Tu vois des choses qu’on ne voit plus, parce qu’on a aucun recul sur nos textes. Tu as fait la correction en français, puis tu as enchaîné sur l’anglais. C’était fluide, rapide, un vrai bonheur de collaborer avec toi ! »

Qu’est-ce que tu as particulièrement aimé (ou pas) lors de la correction ?

« J’ai adoré le moment où le texte a commencé à respirer et surtout lire tes annotations et commentaires pendant la correction.

Puis ensuite, après toutes les passes, que les fautes sont corrigées, que les dialogues sonnent plus juste.. etc, c’est tellement satisfaisant. » 

Est-ce que tu as appris des choses lors de la correction ?

« Plein, bien sûr.

Sur mes points faibles (et y’en a beaucoup même si jamais tu ne fais de remarques xD). Sur la rigueur dont je manque parfois.

Et surtout, j’ai appris la valeur du regard extérieur. Parce que je reste persuadée que tu ne peux pas corriger ton propre texte.

Il faut quelqu’un d’autre qui, plus qu’un bêta-lecteur, te dit :  « là, je décroche », « là, je comprends pas », « là, tu te répètes », « là, ça sonne plat » etc… C’est précieux et c’est pas négociable. » 

« Tu m'as proposé des choses auxquelles je n'aurais pas pensé. »

le travail éditorial sur la mise en page

Extrait d'une double page de 8 Pages de Hyena
Extrait d'une double page de 8 Pages, photo de Houria Semo.

La mise en page de 8 Pages est complexe et riche. Tu m’as laissé carte blanche à 90% sur celle-ci.
Comment tu t’y es préparée ?

« J’avais une vision très claire dès le départ. Je voulais que le livre soit un livre-objet. Un truc qu’on a envie de garder, de toucher, de feuilleter, de gribouiller dessus.

Mais je ne maîtrise pas les outils, je n’ai pas l’œil technique pour la mise en page. Toi, tu l’as et tu as fait un travail à la fois méthodique et créatif que je trouve incroyable. Tu as placé chaque doodle, chaque photo, chaque surlignage… tout !

Ce que je veux dire, et je crois que tu le sous-estimes, c’est à quel point tu es créative. Tu m’as proposé des choses auxquelles je n’aurais pas pensé. »

Comment est-ce que vous avez choisi les photos à inclure dans le livre avec Houria (photographe) ?

« Avec Houria, on a fait du repérage à NYC avant le shoot. On est parties avec une liste de lieux que j’avais déjà pré-repérés : Page Turner (que j’ai inventée mais qu’on cherchait à incarner avec une vraie librairie), les bars où Auren joue dans les premières années, les parcs, la ville en général…

Houria a un œil de photographe. On ne voyait pas la même chose et c’est ce qui a rendu le shoot riche.

Pour le tri final, c’est elle qui a choisi en fonction des chapitres. Chaque photo doit faire avancer l’histoire, pas juste illustrer. » 

Un moment éprouvant pour toi ?

« Notre galère de mise en ligne du roman sur KDP. J’ai cru abandonner (ou tout casser) plein de fois. Le problème de marges, le format qui passait pas, les joies de KDP en somme. Et puis on a trouvé. Mais si je dois retenir un moment éprouvant de toute la production de ce livre, c’est ça. » 

[Précision pour vous, lecteurices : Amazon Kindle Publishing (KDP) nous a enquiquiné lors de l’import du fichier sur le site. Avec un si un gros fichier et une mise en page aussi riche, je savais que cela aurait des conséquences pour l’import. Cela n’a pas raté : KDP a inventé des pixels et ignoré des fonds perdus… bloquant l’import et la parution. Au bout d’une bonne semaine, nous avons vaincu le problème.]

Une fierté ou un moment de joie ?

« Quand j’ai reçu mon exemplaire physique pour la première fois ! »

Un mot de la fin ?

« Merci à toi, Fiona et hâte de recollaborer avec toi sur le prochain ! »

Cet article vous a plu ?

Je tiens à remercier Hyena pour la confiance qu’elle m’a témoignée dès le début de notre collaboration en me confiant son projet. Outre l’histoire qui m’a marquée et touchée, le projet était riche et intéressant à travailler. J’ai eu ce même sentiment rare et précieux qu’on ressent quand on finit un livre que l’on a aimé : je ne voulais plus quitter l’univers et le projet.

8 Pages est une rockstar romance avec voyage dans le temps. Il y a des photos, des doodles, des coloriages… Hyena a également fait enregistrer un EP avec les musiques d’Auren et créer un parfum pour le livre. J’ai fait tout un post sur Instagram pour expliquer en détails le travail éditorial : disponible ici.

Allez découvrir cette histoire sur le site dédié et propagez-la : 

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